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Numéro 115

Mars 2014

 

Dossier

Europe : quelle politique environnementale ?

 

 

 

La transition énergétique : contributions au débat

Le MNLE est très impliqué dans la transition énergétique. Il a rédigé plusieurs textes qui enrichissent le débat.

Pour une transition efficace et sociale  - Mars 2013

Politique publique et pôle public des énergies : propositions pour un atelier de rédaction d’un projet de loi  - Janvier 2013

Pour un pôle de l'écologie sociale  - Octobre 2012

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19ème Université d'été  

Du 23 au 30 août 2014 à Piriac-sur-Mer (44)

"Comment produire et consommer autrement ?"

Pré-programme et bulletin d'inscription

 

 

   

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Pour qui souffle le vent ?

Un approche territoriale des énergies renouvelables 

de François Cosserat

104 pages - Broché

Prix : 18€ + 4€ de frais d'envoi 

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Rapport moral du MNLE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
30-11-2009
logo-mnle.jpgLe texte suivant a été présenté au congrès du MNLE à Lyon, le samedi 28 novembre 2009, par François Cosserat, président du MNLE. Il reprend les orientations et actions effectuées par l'association et fixe les objectifs à entériner pour le développement du réseau MNLE - Homme et Nature.

Comment rendre compte des évolutions de notre mouvement depuis le dernier congrès de Créteil il y a 3 ans ? Nous étions à l’époque en situation de faillite. Nous n’y sommes plus. Mais tout reste fragile d’autant plus que la convention avec le CG 93 touche à sa fin. Ce résultat n’est pas dû à un développement du mouvement mais à quatre facteurs :

 

  • une diminution des dépenses
  • les indemnités touchées lors du procès de l’Erika
  • un recours à des emplois tremplins
  • la prise en compte de l’essentiel des frais de parution de Naturellement par EMILE 

 

Nous devons encore faire de sérieux progrès dans notre organisation mais notre salut ne viendra pas de là. Notre mouvement a bientôt 30 ans. Il a été fondé dans un contexte très différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. En 1981 les questions environnementales de proximité, les problèmes de santé publique, de protection de la nature dominaient l’actualité. Il s’agissait pour le MNLE d’y faire face avec ses moyens. L’autre mission du MNLE était d’apporter un point de vue scientifique et rationnel sur les questions de l’environnement avec une sensibilité particulière aux questions sociales. Le MNLE était donc associé à une fonction tribunicienne qui visait d’une part à dénoncer des situations anormales et de contribuer à organiser la riposte, d’autre part à organiser des rencontres et colloques où les différents points de vue pouvaient s’exprimer et notamment ceux des scientifiques et en éditant Naturellement.

Il n’y a pas lieu de décrier ou de renier ce passé. Le MNLE a contribué à ce que les problématiques environnementales évoluent. Seul diffuseur français du rapport BRUNDLAND au début des années 1990, il a ainsi contribué à la naissance de la notion de développement durable. Même si ce concept est flou, voire ambigu, (j’y reviendrai), cette approche a eu l’immense mérite de faire entrer l’environnement dans les problématiques économiques et sociales. En d’autres termes nous quittions une sensibilité particulière pour entrer dans une approche systémique.

Mais nous n’avions pas plus d’expériences que d’autres. Et pas à pas nous avons avancé dans notre analyse et nos réponses grâce à nos discutions internes, au CA (agriculture, énergie), aux trop rares journées de réflexion (prévention, énergie), aux universités d’été. Nous avons également tenté une première réponse globale avec nos 68 propositions à l’occasion du lancement du Grenelle.

Nos avons bien saisi les limites de la notion de développement durable. Nous avons alors ajouté solidaire et souhaité. Nous avons avancé deux axes principaux d’actions : sortir de l’âge des énergies fossiles, produire et consommer autrement. Pourquoi avons-nous ressenti ce besoin ?

Il est clair que le risque climatique est maintenant établi. Il est fort. Les problèmes environnementaux et sanitaires ont toujours fait l’objet de manipulations diverses, mobilisant les peurs et les angoisses. Dans un tel contexte, il faut savoir provoquer la raison et déjouer les pièges tendus. Les tenants du catastrophisme ont toujours de la voix. Mais est-ce bien là le danger principal aujourd’hui ?

Qu’y a-t-il derrière le Grenelle ? Que voyons-nous dans la préparation de la rencontre au sommet de Copenhague ? Il y a d’abord la volonté des principales forces politiques, financières et économiques de rebondir en faisant oublier leurs responsabilités dans la situation. C’est la faute au pétrole. C’est la faute au consommateur. C’est la faute à ceux qui veulent vivre moins pauvres.

Cette tentative de rédemption du capitalisme est particulièrement évidente dans un film que l’on voudrait un film culte, celui d’Al Gore. Certes il a contribué à rendre le changement climatique plus clair aux yeux de millions de spectateurs. Mais il n’a en rien traité du risque climatique. Il pousse fortement à culpabiliser le consommateur sommé de modifier ses comportements. Or la maîtrise du risque climatique ne peut résulter que du traitement possible par la société toute entière, de toutes les conséquences de l’utilisation des énergies fossiles.

La préparation du sommet de COPENHAGUE prouve bien que l’accord est difficile. La mondialisation est une foire aux affaires mise en appétit par les énergies renouvelables et nucléaires, par le traitement de l’eau, par les technologies propres…. Tout au plus envisage-t-on une taxation des mouvements financiers qui permettra d’augmenter le chiffre.

C’est dans ce contexte que nous devons positionner le MNLE. Quelle place peut-il occuper et comment pouvons-nous faire ?

 

La notion de développement durable a des déclinaisons très différentes. Nous devons encore éclaircir ensemble notre analyse et nos propositions. Les débats ouverts dans ce congrès nous permettront de les préciser sur deux thèmes, l’énergie et l’agriculture.

Sur ce dernier point un travail important a été effectué : réunion du CA, contribution éditée de Pierre Lenormand, plusieurs publications dans Naturellement, plusieurs débats avec des représentants du monde agricole (Drôme, université d’été de Cambrai, fête de l’Huma, Oise, Reims et dernièrement Beauvais). Nos propositions pour des agricultures écologiquement intensives suscitent beaucoup d’intérêts y compris chez des agriculteurs biologiques. Nous sommes aujourd’hui capables de mieux préciser des propositions pour avancer concrètement. Nous en débattrons dans ce congrès.

Nous avons également avancé notre réflexion sur l’énergie. Notre dernier CA a été très studieux. Le communiqué édité par le CA est intitulé : construire le droit à l’énergie et une culture de paix ici et ailleurs. Il a été envoyé aux adhérents. Nous ne nous tenons pas seulement à des considérations techniques.

Sommes-nous tous d’accord sur les deux points suivants. D’une part, le refus de la culpabilisation de la personne n’aboutit pas à gommer la responsabilité individuelle. Ce n’est pas seulement de citoyenneté dont il est question mais bien également de la nécessité de remettre en cause des façons de faire au quotidien. D’autre part il serait vain de croire à la possibilité de faire comme avant en mobilisant d’autres matériaux, d’autres énergies. Nous avons besoin du nucléaire. Nous avons besoin d’énergies renouvelables. Mais nous avons prioritairement besoin de faire des économies.

De fait, dans les deux cas, tant pour l’agriculture que l’énergie, nous tombons sur une contrainte forte : celle de la limite des ressources. Cette limite n’est pas seulement naturelle. Elle a sa source principale dans le système social qui régit le monde. Le capitalisme dont la cupidité a toujours étonné Keynes, a mis en coupe rase la nature et l’homme. Sa justification n’est pas de satisfaire les besoins des hommes en respectant la nature. L’exploitation de la nature et des ressources naturelles va de pair avec celle des hommes. Comment penser qu’il suffit de modifier des techniques pour changer la donne ?

 

Bref la notion de nouveau développement prend corps. Il ne s’agit pas de shunter verbalement la notion de développement durable mais de trouver une voie particulière vers la satisfaction des besoins de tous les hommes sans a priori et sans tabou de décroissance, mais avec la ferme volonté de respecter la nature et de ne prendre que des risques technologiques bien maîtrisables. En d’autres termes, les limites plus haut mentionnées sont relatives et dynamiques. La créativité humaine pourvu qu’elle soit libérée de la pression du lucre, est capable de prouesses. Le risque climatique crée une communauté de destin. Il s’agit de la faire vivre dans sa diversité, comme expression et convergence des droits et devoirs de personnes autonomes, dans la démocratie et dans la paix.

La dernière université d’été a permis de constater que ces préoccupations étaient partagées par d’autres organisations. La déclaration finale des participants concluait de cette façon : « L’heure est donc à la convergence des forces politiques, syndicales et associatives qui placent leurs ambitions au delà d’un verdissement du capitalisme et de la création d’une fiscalité écologique.

A chacun selon ses besoins ! Faisons revivre cette vieille utopie ! Des services publics renouvelés, des pôles publics associant tous les acteurs de la vie économique, notamment ceux de l’économie sociale, avec des objectifs démocratiquement définis prenant bien en compte le long terme, peuvent créer une dynamique parfaitement différente de celle du marché encadré par une règle du pollueur – payeur. Replaçons l’homme et la nature au cœur de notre envie de vivre. »

C’est pourquoi, dans la foulée de l’université d’été, le CA a avancé les notions de société du bien être, de droit, de service public, de culture de paix. Nous prendrons le temps d’en débattre. Ce qui ne nous empêchera pas, je pense, de faire des propositions précises.

Le CA du 10 octobre propose de prendre l’initiative d’une adresse à d’autres organisations. Le projet de lettre indique : « Il nous semble absolument indispensable d’élever le niveau de réflexion pour préciser ce que pourrait être un nouveau développement respectueux de l’homme et de la nature. Sur le fond il s’agit de faire bien vivre les futurs neuf milliards de femmes et d’hommes sans détruire notre planète commune. Il est clair qu’il faut sortir de l’âge des énergies fossiles et donc produire et consommer autrement. Mais comment ?

A notre avis la prééminence du politique au sens large du terme doit être redéfinie dans un contexte historiquement nouveau. La prise en compte simultanée des besoins sociaux et des limites des ressources naturelles est le ciment d’un nouveau développement. Il repose également sur une dynamique sociale où la créativité humaine est libérée des freins aujourd’hui apportés par l’état des rapports sociaux et des rapports de production. L’heure n’est pas selon nous à la crispation sur un débat croissance- décroissance mais à l’examen concret de la transformation des rapports de l’homme avec la nature, de l’homme avec l’homme. Au delà de la plus grande attention à porter à l’environnement, il s’agit de faire vivre cette veille et toujours jeune utopie : à chacun selon ses besoins. »

Notre approche du nouveau développement doit être présente sur les plans stratégiques et opérationnels. Il y a évidemment des relations dialectiques entre eux. Nous devons contribuer à ce que les réponses ne s’enlisent pas dans l’idéologie mais s’intègrent dans des projets portés par la société. Au niveau stratégique nous devons contribuer à faire la clarté sur la relativité des limites des ressources.

Ceci ne simplifie pas le débat. Je vous propose d’utiliser la première journée de ce congrès en trois temps. La première partie porte sur le débat général à partir de ce rapport. Je vous propose de ne pas l’éterniser et de passer à l’examen de deux thèmes : l’énergie et l’agriculture. Nous reviendrons en fin de journée sur les orientations générales à la lumière du travail accompli.

Nous aurons également à nous pencher demain sur nos statuts. Il faut les mettre à l’aune de nos perspectives. Le CA a beaucoup débattu de cette réforme. Sans entrer immédiatement dans le vif du sujet, je veux en quelques mots indiquer pourquoi nous mettons en avant la notion de réseau.

Tout d‘abord il s’agit de clarifier l’organisation du MNLE. Le réseau existe parce qu’il y a communauté d’ambitions et de projets. Il ne s’agit donc pas de jeter la charte aux oubliettes mais de considérer que chaque nouveau texte l’enrichit. Chaque nœud qui le compose a une indépendance de décision. La solidité du réseau est donc due à la qualité des échanges et à la mutualisation des expériences.

Dans ce cadre nous devons prendre de nouvelles dispositions. Tout d’abord il est indispensable de faire savoir ce qui se passe dans le réseau. Même à la grande époque de La Feuille d’Info Jean Yves a toujours eu beaucoup de mal à rassembler les informations.

Nous devons préciser le rôle et les fonctions du nœud central national sans tomber dans un excès de formalisme. Ce sont les AG et congrès et le CA entre deux sessions qui organisent son fonctionnement. Outre l’édition de Naturellement nous devons publier une lettre numérique qui reflète la vie du réseau. Il faudra désigner des correspondants dans les associations du réseau. La lettre devra également donner l’actualité du site et du blog Les Jardins de l’Energie qui a été créé. En d’autres termes nous devons créer une interactivité plus forte. Mais pour ce faire elle ne peut pas être à sens unique. Sinon il n’y a pas de réseau.

Le MNLE propose en outre d’intégrer ses moyens dans un réseau Homme et Nature. L’article 1ier du projet stipule : « Le MNLE est formé de l’ensemble des associations qui acceptent les présents statuts. Le MNLE anime le réseau Homme et Nature auquel peuvent se joindre des organisations non adhérentes au MNLE. Elles approuvent en tout ou partie les positions du MNLE mais acceptent de participer à la mise en œuvre de projets en gardant leur indépendance d’action. Des conventions peuvent si besoin définir les relations réciproques ». Il s’agit de faire vivre l’ambition décrite précédemment de nouer des partenariats pour faire naître un nouveau développement.

 

Les sujets abordés par le MNLE ne se résument pas à l’énergie et l’agriculture. Le congrès de Créteil avait défini 8 axes d’actions..

Premier axe : l’étang de Berre. Nous avons consacré un numéro de Naturellement et agit vers le ministère à plusieurs reprises notamment avec la FNME CGT, agit de concert avec le MNLE 13. La question a bien progressé. Le consensus se fait sur la nécessité d’un ouvrage de dérivation. Le scénario définitif ni son financement ne sont encore en chantier. Mais l’échéance est proche. Question d’ampleur nationale qui pose la problématique de la biodiversité qui n’est pas seulement un patrimoine à protéger mais une source de richesse. C’est également au cœur de nos positions sur l’agriculture. Donc à suivre.

Deuxième axe : déchets nucléaires. Un numéro de Naturellement a été consacré à ce sujet. Il faudra dans le cadre de notre débat sur l’énergie, sans doute approfondir la question.

Troisième axe : la filière organique des déchets. Nous n’avons pas su organiser une initiative. Mais la question subsiste. Le MNLE fait partie du groupe de travail mis en place par le conseil national des déchets. Plus généralement nous devrons élargir notre réflexion sur les décisions des lois Grenelle en matière de prévention et de traitement des déchets. Donc deux sujets à retenir : la filière organique et la prévention.

Quatrième axe : l’énergie. Les objectifs du congrès ont été atteints. Mais le congrès fera le point sur cette question essentielle.

Cinquième axe : eaux, sols et agricultures. C’est sans aucun doute le point fort de notre action ces trois dernières années. Nous avons été au delà des ambitions du congrès parce que nous avons su mettre en place un groupe de travail. Pierre Lenormand a su animer la réflexion collective avec le bureau national. Nous pourrions faire de même sur d’autres sujets.

Sixième axe : les transports. Nous avons de nombreux amis compétents dans cette matière mais nous n’avons pas pu mettre en place un travail collectif, c'est-à-dire faire vivre une logique de réseau. Il y a de nombreuses actions régionales mais pas de mise en commun. L’édition de la lettre du MNLE ne suffira pas à combler le vide. Il faut pouvoir mettre en place un groupe de travail avec un membre du CA comme animateur.

Septième axe : le commerce équitable. Les objectifs ont été atteints (Naturellement, salons, Jardins de la Solidarité à Aubagne). Actuellement l’action s’est ralentie.

Huitième axe : l’éducation à l’environnement. L’action nationale s’est essoufflée mais continue à être portée dans six départements. Que devons-nous faire au niveau national ?Un partenariat avec les communes a été développé dans les derniers mois. Deux communes sont adhérentes. Les négociations se mènent avec une troisième. C’est sans doute un domaine où nous pouvons apporter une façon spécifique pour aborder par les plans climats territoriaux qui vont devenir obligatoire. Nous verrons cette question dans notre débat sur l’énergie.

 

En conclusions du rapport :

Le MNLE et le réseau Homme&Nature ont légitimement une place spécifique dans le concert des forces qui agissent pour réconcilier l’humanité, l’homme et la nature. C’est un domaine de réflexion et d’actions en mutations profondes.

Nous pourrons nous développer si nous arrivons à ouvrir des partenariats avec d’autres organisations et des communes pour mettre en œuvre un nouveau développement, si localement des associations du MNLE se saisissent de ces potentialités et les font vivre dans le cadre du réseau.

Mais nous devons absolument hausser le niveau de notre organisation et de notre réflexion collective, élargir le cercle. C’est le fond même de notre travail pendant ce congrès : se renforcer en ouvrant de nouvelles pistes.

 
 
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