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Edito du numéro 115 : A propos de l'épisode "poussières" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
12-05-2014

A propos de l'épisode "poussières"

Zoom sur les causes


La voiture - le diesel, en particulier - et le camion sont accusés d'être à l'origine des émissions de poussières qui polluent l'atmosphère. Il ne s'agit pas bien sûr de les dédouaner. Encore faut-il pousser l'analyse et envisager le problème dans son ensemble si l'on veut dégager les bonnes solutions. Le diesel, en effet, peut être la première source à Paris sans l'être ailleurs.

De manière générale, et notamment en matière de transition énergétique, l'opinion est déformée par des slogans simplificateurs. Il fut un temps où le papier menaçait la forêt alors qu'aujourd'hui "on" pousse à la combustion du bois. Les énergies renouvelables se réduisent, pour l'essentiel, à l'éolien et au photovoltaïque, c'est-à-dire à des énergies intermittentes qui resteront secondaires pour des décennies mais dont la marginalité est d'ores et déjà assez forte pour déstabiliser le prix de l'électricité. Le modèle allemand est pris comme référence alors qu'il est cher et polluant. Bon nombre d'opposants au gaz de schiste prônent l'utilisation plus massive du gaz naturel. La liste de ces incohérences pourrait être allongée. Il y a une sorte de politiquement correct devant lequel une bonne partie de la presse se liquéfie et perd tout esprit critique. Or il ne faut pas confondre ce dernier avec l'invective ou le pamphlet. La réalité est complexe et difficile à dire et à écrire. Alors, autant faire peur ! C'est plus simple car le danger est un lot courant de la complexité, à commencer par le nucléaire civil. Nous sommes donc à l'epoque de l'"anti" du nimby. Les limites des ressources naturelles, d'ailleurs pas toujours fondées, servent de tremplin à une prévention mythique qui fait la ronde autour des poubelles, déformant au passage la notion d'économie circulaire.

Cela fait plus de vingt ans qu'on parle de prévention sans résultat bien concret.

Il faut poser les questions différemment. L'offre aujourd'hui pousse la demande. Il est nécessaire de reposer l'édifice sur de bonnes fondations. La transition énergétique doit examiner comment on respecte le confort thermique dans le bâti avec une économie de moyens, une division par au moins quatre des émissions de gaz à effet de serre, et la disparition de la précarité énergétique. Trois autres cibles doivent également être visées : une mobilité durable, la relocalisation d'activités industrielles à partir d'une économie circulaire basée sur des ressources de proximité, et la transformation des pratiques agricoles productivistes. On est loin de la rengaine de l'éolienne bien qu'elle puisse jouer un rôle.

 

François Cosserat    

 
Edito du numéro 114 : Energie : La Cour des comptes tire la sonnette d'alarme Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
27-02-2014

Energie : la Cour des comptes tire la sonnette d'alarme


L'Assemblée Nationale a demandé un rapport à la Cour des comptes au sujet de la politique de la transition énergétique. Le document remis le 15 janvier déplore une absence de pilotage, une importance trop grande accordée aux énergies renouvelables aux dépens des actions de maîtrise de l'énergie, notamment dans l'agriculture et les transports. Nous ne disons pas autre chose quand nous réclamons des politiques publiques fortes autour des priorités suivantes : confort thermique du parc ancien, mobilité quotidienne, production électrique sans énergies fossiles carbonnées, développement économique à partir de ressources renouvelables.

Notre approche s'appuie d'abord sur la satisfaction des besoins. Sortir de la compétition, c'est refuser que la logique dominante soit la recherche du profit au détriment du travail et la nature. A ce propos, la loi de modernisation de l'agriculture qui vient de passer à l'Assemblée Nationale peut ouvrir d'autres horizons si les modifications agronomiques sont bien incluses dans une vision de circuits courts, de diversification, d'efficacité et de reconnaissance de la valeur du travail. La question de fond est celle du pilotage de ces transformations. S'il n'y a pas de volonté politique forte, la compétition mondiale finira par laminer l'agriculture paysanne. C'est donc sur le terrain social que les problèmes se posent et que des solutions peuvent être trouvées. Le diktat économique pousse inexorablement à la diminution des salaires, à une intensivité toujours plus forte des moyens de production. Les impacts sociaux et environnementaux sont de plus en plus insupportables.

Le pacte de compétitivité du Président Hollande est de fait un aveu d'allégeance à cette organisation économique. Il exprime une impuissance à poser autrement et sur le fond les problématiques de production et de développement solidaire.

Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Si Hollande baisse les bras, les forces qui rêvent d'autre chose existent, sont en mouvement et doivent l'être plus encore. Les élections municipales sont sans doute une occasion pour hausser le niveau de la riposte. L'essentiel est de partager des envies et de créer les conditions d'un développement réel et concret d'autres modèles de production et de consommation, de faire mieux vivre les services publics. En d'autres termes, d'autres voies existent que celles du réformisme social-démocrate, de sa contestation dans la rue et dans les urnes, même si elle est bien dans la panoplie des moyens légitimes.

 

François Cosserat    

 
Edito du numéro 113 : Où en est le projet des"1000 vaches" ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
13-11-2013

Où en est le projet des "1000 vaches" ?


Le Préfet de la Somme a finalement donné son autorisation pour une exploitation de 500 vaches laitières. Avec la promesse de revoir ultérieurement la question. Rappelons que les fumiers générés par l'exploitation devaient être méhanisés et que ce projet, selon son promoteur (un industriel des travaux publics), devait aider la filière locale en abaissant le coût du lait. Le promoteur se gardait, toutefois, de signaler qu'une bonne partie de la rentabilité de l'étable était basée sur le surcoût payé par les usagers de l'électricité, c'est-à-dire vous et moi !

Le Ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, est embarrassé : cet équipement ne correspond pas à son modèle mais il n'y peut rien car la procèdure est légale. C'est à voir. Le tribunal administratif, en tout cas, a été saisi. Le MNLE, qui s'est joint à l'action, a suggéré au Ministre de saisir son collègue de l'environnement pour modifier la tarification publique de l'achat de l'électricité. La puissance publique n'est pas sans moyen, en effet : c'est bien elle qui oblige EDF à acheter cette énergie, et cela, sur la base d'une grille tarifaire définie par le gouvernement. Pour contraindre très fortement le projet et le rendre quasiment impossible, il suffirait donc d'une simple disposition concernant la performance énergétique de l'équipement : asseoir la garantie d'achat sur un rendement global d'au moins 70 %, l'auto-consommation n'étant pas prise en compte. L'aide publique encouragerait alors un mieux-disant environnemental. Que les choses soient claires : nous tenons à démontrer que le Ministre n'est pas sans biscuit, mais sans approuver, pour autant, la logique du projet.

L'association locale qui agit contre le projet vient d'organiser, avec succès, une nouvelle manifestation. Elle demande un moratoire tant que la justice administrative n'aura pas tranché. Elle demande également un ajustement de la législation. Le lecteur trouvera son appel sur le site du MNLE.

Rappelons que le MNLE milite pour des agricultures écologiquement intensives dans lesquelles l'élevage puisse jouer son rôle. Cette intégration culture-élevage a du sens : la qualité du lait a un prix, tout comme le travail de l'éleveur.

C'est donc bien la filière dans son ensemble qu'il s'agit de réformer. Une réforme qui suppose que le consommateur soit introduit dans l'équation. Il faut passer de la rente et du profit à la satisfaction des besoins en respectant l'homme et la nature. Les problématiques liées à une autre façon de produire et de consommer formeront le sujet de la prochaine université d'été du MNLE.

 

François Cosserat    

 
Edito du numéro 112 : L'intelligence humaine n'est pas un fléau ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
01-07-2013

L’intelligence humaine n’est pas un fléau !

 

La notion d’économie des besoins gagne du terrain. Mais une question affecte l’unité de pensée et d’action de ceux qui estiment, légitimement, qu’il faut renverser la logique du système pour répondre à cette crise globale : les limites des ressources.

 

Prenons l’exemple de l’énergie. La consommation au rythme actuel des énergies fossiles menace gravement le climat, donc l’humanité. Et leur relève par les énergies renouvelables n’est pas assurée. Ces dernières présentent en effet des carences qualitatives et quantitatives, comme le détaille l’ouvrage Pour qui souffle le vent ? (Editions du MNLE). Il faudra du temps, beaucoup d’argent et des ruptures technologiques pour en assurer une production fiable, production qui est et sera, de toute façon, d’un coût plus élevé de celle des autres énergies. Le recours à la biomasse, le meilleur « récepteur solaire » aujourd’hui, se heurte de même à des contraintes fortes. En bref, pour quelques décennies encore, la notion de limites s’appliquera aussi à ces énergies.

 

Intervient ici la question du nucléaire. Il faudrait pouvoir réduire drastiquement les consommations pour prétendre à la fois se passer du nucléaire et des fossiles carbonés. Percevant la difficulté, ceux qui soutiennent un tel objectif disent qu’il y faudra du temps et suggèrent un recours accru au gaz. Mais quid, alors, du climat ? Prenez encore la rénovation thermique de l’habitat ancien : la recherche de performances élevées, pourtant fixée pour objectif, apparaît hautement difficile.

 

Peut-on se passer du nucléaire ? Tout le monde ou presque admet que ce n’est pas possible dans les 30 ans qui viennent. Ensuite ? Personne n’est capable de le dire, mais il est fort probable que le recours à la seule énergie solaire, sous toutes ses formes effectivement abondantes, offre un avenir possible mais à très long terme, et aujourd’hui utopique sauf en cas de décroissance absolue.

 

Réduire notre empreinte sur les ressources et la nature est absolument nécessaire. Mais entre décroissance relative et décroissance absolue, il y a une énorme différence, celle d’un choix de société. Est-ce bien dans ces termes que la question est posée ? On est très loin du « verdissement » du capitalisme qui semble avoir la sympathie officielle. Dans l’intérêt d’une autre politique, sachons faire la clarté et une synthèse qui permette d’aller de l’avant pour que la société se pose les bonnes questions. L’intelligence humaine n’est pas un fléau !

 

François Cosserat         

 

                   

 
Edito du numéro 111 : Bonus - malus dans l’habitat : une faute lourde Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
15-04-2013

Bonus - malus dans l’habitat : une faute lourde

 

L’Assemblée nationale a finalement trouvé une majorité pour voter en troisième lecture une loi qui institue un bonus-malus pour les énergies en réseau : électricité-gaz-chaleur. Tout le monde convient, même les auteurs, que c’est une usine à gaz créant au passage une nouvelle administration aux frais de l’usager. Chaque occupant devra remplir une déclaration annuelle sur ses consommations. Et comme l’indique le préambule de la loi, « les consommateurs dispendieux vont subventionner la consommation

 

des consommateurs vertueux ».

Pour être honnête, il faut signaler que la loi va instituer une tarification sociale dont on ne sait pas bien ce qu’elle sera, sauf que le prix sera fonction de la consommation, un service public de la performance

énergétique qui n’est pour le moment qu’un vocable. Mais de facto, il y a disparition d’une des dispositions essentielles d’un service public : l’égalité tarifaire. L’affaire est devant le Conseil constitutionnel…

Même si une majorité de gauche au Sénat n’avait pas retenu ce bonus-malus, le gouvernement et l’Assemblée nationale ont oeuvré pour que cette loi sorte. Il ne s’agit pas d’un accident mais d’une ligne de fond qui pose d’énormes problèmes quant à la conception même de la transition énergétique et écologique.

Le débat est lancé mollement. Il porte essentiellement sur la sobriété et le développement des énergies renouvelables intermittentes, éolien et photovoltaïque. La loi instituant le bonus-malus porte une conception de la sobriété qui ne nous convient pas. Elle met d’abord l’accent sur le comportement des personnes et la sanction financière. Nous préférons mettre en avant les couples « action collective – responsabilité individuelle », « besoin à satisfaire – politique publique ». Bref un nouveau développement assis d’abord sur le service public. Le lecteur trouvera sur le site du MNLE des propositions concrètes pour une transition énergétique efficace, sociale et environnementale.

 


François Cosserat           

         

 
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