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Edito du numéro 100 (Oct 2009) - Le consommateur est-il un âne taxable? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
17-12-2009

Daniel Cohn-Bendit, s'agissant de la taxe carbone, déclarait le 21 août dernier à un journal du soir : "Il faut annoncer dès le départ que cette taxe augmentera de 5% chaque année". Ce qui ne l'empêche pas de proclamer peu après qu'un des problèmes fondamentaux de nos sociétés modernes est de "marier autonomie et liberté des citoyens avec un sens des responsabilités nécessaire pour répondre aux défis économiques". Il y a sans doute un manque de rigueur dans le raisonnement.

Le MNLE s'est très clairement opposé, non seulement à la taxe carbone, mais à l'application systémique de la règle du pollueur-payeur. Elle est contenue dans le traité de Maastricht. Elle est conçue comme un des moyens essentiels pour réconcilier l'économie et l'environnement. Elle est assise sur la solitude du consommateur qui doit, au moment de l'achat, orienter la production vers une moindre pollution. Cette mécanique fiscale est censée contraindre la vertu du fabricant

Il ne s'agit pas seulement de mettre en exergue le caractère dérisoire et manipulateur de la taxe sarkozyenne. Il faut juger sur le fond du bien-fondé de cette logique économique. Est-ce bien là l'assise de l'autonomie et de la liberté du citoyen? N'est-ce pas prendre le consommateur pour un âne mené à la baguette fiscale? Mais, pourrait-on rétorquer, au diable l'éthique, la planète brûle, il faut être efficace.

La règle du pollueur-payeur est correctrice a posteriori car la décision est dédiée au producteur. A priori, l'action collective se résume à l'édiction de normes, de taxes. A posteriori, la somme d'actes individuels de consommateurs théoriquement bien informés doit contraindre le producteur à la vertu. Un effet peut effectivement exister, mais, finalement, la règle du pollueur-payeur peut se restreindre à justifier un droit à polluer dont le consommateur fait les frais. Alors que la raréfaction relative des ressources, notamment énergétiques, pose la question essentielle de répondre aux besoins d'une humanité toujours plus nombreuse. Nous sommes donc de fait dans une autre approche, celle du partage, étrangère à celle du marché qui s'adresse à des consommateurs solvables.

L'action politique doit alors prendre a priori cette hypothèse. Il ne s'agit pas de mieux respecter la nature, mais également l'homme et notamment le producteur. Ce n'est pas la taxe carbone qui va faire disparaître chômage et stress. En d'autres termes l'humanité a besoin d'un nouveau développement. C'est tout un apprentissage collectif. 

Les participants de l'université d'été du MNLE ont fait l'exercice de transcrire cet espoir dans les termes suivants. Ils sont livrés à votre intelligence :

 

  • A chacun selon ses besoins : de l'utopie aux actions immédiates
  • L'énergie, un droit au Nord comme au Sud
  • La biodiversité, un patrimoine source de richesses
  • Des agricultures écologiquement intensives
  • Mobilité des personnes : un droit à construire
  • La paix, une culture universelle
  • L'eau, partout source de vie et de concorde
  • Le climat, un bien commun
  • Une politique industrielle respectueuse de l'Homme et de la Nature
  • Le consommateur n'est pas un âne taxable à merci

 

 
 
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