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Edito du numéro 102 - Chère électricité Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
22-12-2010

Il était une fois une électricité pas chère et respectant le climat. Il était une fois un service public piloté par une entreprise nationale. Certes, il y a beaucoup moins de froideur dans la communication, de mal à se justifier. C'était sans doute le revers d'une forte politique industrielle mise au point par des ingénieurs soucieux de l'intérêt général.

Le modèle résiste encore mais il se lézarde. EDF a changé d'habit. Même si les capitaux publics y sont encore majoritaires, elle est devenue une entreprise internationale où la stratégie est de faire du commerce profitable. La privatisation a fait passer en premier l'intérêt des actionnaires. EDF a payé 2,1 milliards de dividendes en 2009, soit plus que pour la recherche-développement. EDF participe sans sourciller à la mise en oeuvre d'une politique gouvernementale incohérente. Elle est la première à tirer profit de la rente du photovoltaïque. Qui ne reçoit pas chaque jour, par Internet, des offres alléchantes ? Cette rente payée aux investisseurs va produire une hausse des tarifs de l'électricité de 3% qui s'ajoute aux précédentes. Ce qui fait 7% en un an. La production d'électricité solaire est encore infime mais déjà trop forte... Une situation prévisible.

Il est grand temps de reconstruire une cohérence de service public de l'énergie. Encore faut-il se mettre d'accord sur des bases solides. Il est de plus en plus de bon ton de mettre en avant une sortie du nucléaire. Nous reviendrons en particulier sur le scénario NEGAWATT.

Quelques mots en attendant. La sortie la plus rapide possible de l'ère du pétrole est l'objectif majeur et urgent, notamment avant que le pic du pétrole (sur lequel nous reviendrons également) ne fasse sentir  ses effets sociaux catastrophiques. Il n'y a donc pas lieu de faire peur avec les 400 tonnes de déchets nucléaires à vie longue. Il n'y a pas lieu de faire croire au miracle de l'éolien et du photovoltaïque même s'il est vrai que l'énergie solaire est très abondante. La France n'a pas à rougir de son nucléaire. Notre pays est en situation, et peut être l'un des rares à pouvoir le faire, de pouvoir atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre si la volonté politique est forte. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Il n'y a pas lieu de vouloir faire de l'électricité à n'importe quel prix. Il existe d'autres débouchés pour le solaire. Mettons-les en oeuvre dans la production de chaleur industrielle et domestique.

N'oublions pas non plus la question du carburant. Il faut bien sûr dans tous les cas éviter de gaspiller, faire des économies, développer les transports collectifs, produire un nouvel urbanisme, mais nous sommes encore loin du compte et le temps nous est compté. Ayons un oeil sur l'avenir et un autre sur le présent sans faire de strabisme. C'est la difficulté du sujet de l'énergie, et de l'électricité en particulier. Il faut approfondir les problématiques du droit à l'énergie et cesser de penser l'environnement pour lui-même.

 

François Cosserat
Président du MNLE 

 
 
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