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Edito du numéro 106 : Pour un nouveau développement Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
30-12-2011

L'énergie en débat

 

L'importance donnée au nucléaire civil ne contribue-t-elle pas à détourner l'attention de questions plus essentielles ? La sûreté des installations nucléaires est sans aucun doute importante et il ne faut surtout pas baisser la garde, mais aujourd'hui en France ce risque est-il prioritaire au point qu'il faille sacrifier tout le parc des centrales ? Comment la conscience professionnelle des électriciens d'EDF peut-elle être mise pareillement en doute ? Gardons notre calme ! Deux objectifs majeurs se sont posés : sortir de l'âge des énergies fossiles et construire un droit à l'énergie ici et ailleurs. L'énergie est un bien commun. Il ne faut pas que la violence des marchés et des guerres soit le moyen de répartir des ressources énergétiques limitées.

La solution n'est pas dans la substitution des énergies fossiles carbonnées par de l'électricité nucléaire. Même en France, la question ne peut se poser ainsi. Mais il ne s'agit pas de gaspiller, pour des raisons idéologiques voire politiciennes, les moyens du parc nucléaire !

L'ampleur des besoins est énorme. Songeons par exemple au parc ancien de logements. La division par au moins 4 des émissions de gaz à effet de serre dues au chauffage et à la production d'eau chaude de 20 millions d'habitation nécessite des travaux d'isolation et de production d'énergie d'environ 500 milliards d'euros ! Cela ne se fera pas en claquant des doigts. La sobriété et l'efficacité énergétiques ont un coût. Il faudra d'autres moyens que ceux actuellement en place pour réussir. La transition énergétique prendra du temps.

Le numéro 108 de Naturellement reviendra plus longuement sur ces questions et notamment sur deux modèles que beaucoup de choses opposent : Négatep et Négawatt. Ce dernier inspire à l'évidence l'accord PS/EELV. Réussir la transition énergétique nécessite une large adhésion des acteurs sociaux sur un projet de société. C'est un processus hautement démocratique. Vouloir faire passer a priori un modèle, est-ce bien la bonne voie ? Pouvons-nous décréter, au nom du risque nucléaire, d'engager la société dans une civilisation de la frugalité alors même que les potentialités des énergies renouvelables n'ont pas été exprimées ? En d'autres termes, la planète manquera-t-elle d'énergies à la fin de ce siècle ?

L'enjeu aujourd'hui est de libérer les forces productives du carcan de la cupidité. La crise économique et sociale que nous vivons en est clairement l'expression. Le progrès social n'est pas une chimère mais une exigence. Il ne peut s'appuyer que sur une politique énergétique oubliant les énergies fossiles carbonées. Le reste est, pour l'essentiel, à écrire. Le nucléaire civil a une place à tenir au moins pour les prochainnes décennies et son déclin, si déclin il doit y avoir, ne peut se concevoir que beaucoup plus tard. Les futures générations trancheront. Encore faut-il que nous leur en laissions la possibilité. C'est pourquoi il faut réussir la transition énergétique.

Et c'est aussi la raison pour laquelle il faut développer la gestion publique du risque nucléaire en France et au niveau mondial. Ne fragilisons pas cette industrie à un moment aussi crucial pour notre planète et les hommes qui l'habitent. Il faut abandonner la logique actuelle du lucre et de la rente et revenir à une maîtrise publique d'une politique énergétique. Ici et ailleurs. 

François Cosserat 

 

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