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Edito du numéro 110 : Notre-Dame-des-Landes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MNLE   
09-01-2013

Notre-Dame-des-Landes

 

 

Les sujets soulevés par le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne recouvrent pas exactement ceux du Larzac. Il s’agit certes de transformer radicalement les usages d’un territoire rural où des gens vivent depuis longtemps. La violence du projet est justifiée au nom de l’intérêt général. Elle suscite celle des opposants au nom d’un intérêt général défini différemment. Réduire la motivation de l’opposition à la défense d’intérêts particuliers est réducteur.

Le projet de l’aéroport est ancien. L’intérêt général officiel est basé sur des questions de sécurité et de saturation de l’équipement actuel, sur une logique d’aménagement du territoire fondée sur la compétition entre territoires. Le grand ouest doit avoir son aéroport international. Ceci exige-t-il que les très gros porteurs atterrissent à NdL ? L’actuel aéroport de Nantes sera-t-il trop exigu vers 2050 ? Faudra-t-il l’équiper d’une deuxième piste ? Que deviendra l’usine Airbus de Nantes qui a besoin de la piste actuelle ? L’organisation de l’aviation civile et en particulier celle des liaisons internationales doit-elle se concevoir dans un cadre interrégional ou bien national voire européen ? Quelles relations avec le réseau TGV européen et l’inter-modalité entre fer et avion? En d’autres termes, faut-il sortir d’une logique de compétition entre territoires pour mettre en œuvre des coordinations et des complémentarités sur une vaste échelle. Voici un ensemble de questions qui ne se posaient pas ou pouvaient recevoir des réponses différentes à l’origine du projet.

Le congrès du MNLE a demandé un moratoire, c’est-à-dire du temps pour réajuster l’intérêt général dans un débat contradictoire et démocratique qui va bien au-delà du dossier proprement dit de l’aéroport. Le gouvernement aura-t-il la sagesse d’éviter un affrontement stérile? Il n’y a pas le droit d’un côté et le conservatisme de l’autre. Sur le fond, se pose la question du développement que nous voulons ou pouvons faire.

Car il ne faut pas oublier que le financement de ce projet est confié à Vinci dans le cadre d’un partenariat public-privé. Ce n’est sans doute pas la meilleure des solutions.

C’est même une solution de fuite en avant. La puissance publique n’a pas les moyens mais se jette dans les bras de puissants groupes, aux conditions dont ils décident.

Les congressistes du MNLE ont pu s’en rendre compte à Reims qui va payer cher son tramway.

Plus fondamentalement, l’actuel gouvernement a hérité d’une ardoise de 245 milliards d’euros de projets d’infrastructures non financées. Il a décidé de remettre les sujets sur la table. Bonne décision. Mais pourquoi NdL échapperait-il à cette règle? La création d’une commission du dialogue, décidée par le gouvernement, n’est-elle qu’une manœuvre? L’aéroport NdL figure bien dans la liste des projets du Schéma national des infrastructures et des transports considérés comme définitivement arrêtés.

Il ne s’agirait donc que de discuter des compensations écologiques et du respect du droit sur l‘eau. Indispensable sans doute! Mais suffisant?

 


François Cosserat           

         

 
 
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