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Edito du numero 96 (Juin 08) - Que penser de la loi Grenelle? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Les principales interrogations sur la loi issue des ateliers du Grenelle portent plus sur l'insuffisance des moyens que sur la signification profonde d'un consensus allant de la CGT au MEDEF. Une déclaration commune appelle à un changement de société. La convergence est justifiée par l'imminence du changement climatique. Il est le résultat d'un système de production. Tout le monde est donc d'accord sur le fait qu'il doit se transformer. La question de fond est donc de savoir s'il y a un consensus possible sur les chemins à prendre.

La question est complexe. Encore faut-il avoir une conception claire de ce qui est de plus en plus une référence : le développement durable.

L'objectif primordial est-il de créer les conditions pour satisfaire les besoins de tous, c'est à dire plus de 9 milliards d'êtres humains à l'horizon 2050, sans modifier dangereusement les milieux naturels, la santé, le climat? Ou s'agit-il de créer de nouveaux marchés qui permettent un nouveau déploiement de l'économie mondiale sans qu'il soit nécessaire de remettre en cause son pilotage actuel par une logique libérale?

Prenons l'exemple des 2000 kilomètres de lignes à grande vitesse prévus par la loi. N'est-ce pas, de fait, la privatisation accélérée du réseau TGV, le réseau classique étant de plus en plus à la charge des régions, qui en est une des conséquences, implicite mais inéluctable? L'opacité des nouveaux tarifs de la SNCF et leur hausse insidieuse ne préparent-elles pas un partenariat public-privé? Comment serait alors satisfait de manière équitable l'accès du plus grand nombre à ce réseau? La mobilité équitable peut-elle être un produit? Ne doit-elle pas être considérée comme un service? On pourrait généraliser ce constat.

Faut-il vraiment construire le canal Seine Nord Europe? Quelle est l'utilité de la liaison nouvelle Lyon-Turin? La problématique est alors celle de la gadgétisation onéreuse. Ce n'est pas seulement une version modernisée des travaux du Second Empire. Est posée la place de la technologie comme levier du changement.

Il n'est pas contestable qu'une bonne application des mesures contenues dans la loi Grenelle permettrait de passer notre pays dans une dynamique de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 3% par an jusqu'en 2020. Il ne suffit pas cependant de dire qu'on verra pour la suite. N'est-il pas dangereux de faire l'autruche?

En effet, la disparition de l'antagonisme "produit-service" n'exige-t-elle pas de construire dès maintenant de nouveaux rapports entre le politique et l'économique? Ce n'est pas seulement la notion de service public qui est en cause. C'est fondamentalement le pilotage de l'innovation technique et sociale. Il ne s'agit pas de respecter un peu mieux ou moins mal l'environnement mais de réconcilier le bonheur de l'homme avec sa planète. Y a-t-il consensus sur cette question? Rien n'est moins sûr.

Entendons-nous bien : le loi est pavée de bonnes intentions. L'action pour leur réelle application et leur financement est indispensable. Mais on ne peut en rester là. Et c'est dès maintenant que les solutions doivent être trouvées.

 

Francois COSSERAT

Président du MNLE

 
 
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